5. HISTOIRE /GEOGRAPHIE
Introduction sur les Balkans avec en toile de fond la réponse a la question que l’on se pose : quelles sont les raisons de notre présence sur le sol bosniaque et pourquoi toutes les instances internationales veulent elles garder un regard, un contrôle sur cette région des Balkans.
BREVE HISTOIRE CONTEMPORAINE DE LA BOSNIE HERZEGOVINE
Vous allez travailler a l’unification et au progrès d’un pays de l’Europe Centrale dont l’histoire est jalonnee de sanglantes tragédies. En effet sa position au confluent de trois courants politiques culturels et religieux est en partie responsable de ses conflits.
Jusqu'en 1991, la Yougoslavie "le pays des Slaves du sud" est une entité politique situee dans les Balkans. Il avait des frontières communes avec 7 pays : l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Grece et l'Albanie.
La Yougoslavie a été instituée pour la première fois sous le nom de "Royaume des Serbes, Croates et Slovènes" après la chute de l'Empire austro-hongrois et le Traite de Paris du 19 Janvier 1919).
De 1929 jusqu'à la seconde guerre mondiale, le pays était connu sous le nom de Royaume de Yougoslavie. En 1943, la deuxième Yougoslavie fut instaurée et reçut successivement plusieurs noms ; celui qui fut utilisé le plus longtemps fut celui de "République Fédérale Socialiste de Yougoslavie".
La Bosnie-Herzégovine était l'une des six républiques constituent la Yougoslavie ; les cinq autres étaient la Croatie, le Monténégro, la Slovénie, la Macédoine et la Serbie (cette dernière avec deux provinces autonomes, le Kosovo et la Vojvodine).
L'éclatement de la Yougoslavie a coincidé avec la chute du communisme en Europe de l'Est à la fin des années 80. Face au développement des aspirations démocratiques, les premières élections multiparties se sont déroulées en 1990. Ces élections ont eu lieu alors meme que les sentiments nationalistes poussaient à la création d'Etat-Nations séparés.
En juin 1991, la Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance de la Yougoslavie.
Le 14 octobre 1991, l'Assemblée bosnienne adopta sa propre déclaration d'indépendance bien que les députés bosno-serbes votèrent contre elle. Un référendum s'est tenu le 1er mars 1992 dans lequel une majorité d'habitants de Bosnie-Herzégovine votèrent en faveur de l'indépendance. Les Bosno-Serbes boycottèrent le référendum et demandèrent à la Bosnie de rester au sein de la Yougoslavie. L'Union Européenne reconnut l'indépendance de la Bosnie le 6 avril 1992 et le même jour, la guerre en Bosnie commença officiellement.
Le 14 decembre 1995, l'Accord Cadre Général pour la Paix, plus connu sous le nom d'accord de Dayton, était signé à Paris par toutes les parties en conflit, mettant fin officiellement à la guerre la plus sanglante depuis le 2eme guerre mondiale. L'accord établissait une nouvelle structure d'Etat en Bosnie-Herzégovine, consistant en deux entités séparées : le Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska. La majorité de la population de la Fédération est bosniaque (Bosno-musulmans) et Bosno-Croate, avec au contraire une majorité de Serbes en Republika Srpska.
Attention : l'adjectif "bosnien" qualifie tout ce qui a trait à l'ensemble de la Bosnie-Herzégovine ; celui de "bosniaque" qualifie ce qui a trait aux musulmans, et musulman exprimant ici une nationalité n’impliquant pas obligatoirement la religion musulmane.
Bien sur et comme vous pouvez l’imaginer ce découpage ne simplifie ni notre travail sur le terrain que des dissensions ethniques viennent compliquer ni l’organisation de la police ni celle des instances gouvernementales.
Le problème de la police en Bosnie
La mission de Police dans un pays est un acte a dimension humanitaire mais aussi economique. La securite publique est la conditon sine qua non d’un demarrage economique reussi. Comment imaginer l’import de devises, l’investissement de compagnies etrangeres ou l’organisation de commerce si tout peut etre remis en question du jour au lendemain par un simple rapport de force, des escroqueries ou des détournements d’argent.
Aujourd’hui, force est de constater que la Bosnie-Herzégovine compte 13 polices différentes : la police fédérale, celle de Republika Srpska, et celles des 10 cantons de la Fédération. La réforme proposée devrait unifier ces polices en créant 10 grandes régions qui ne tiendront pas comptes des limites entre les deux entités du pays. Ce morcellement des forces de l’ordre a un impact direct sur l’efficacite du systeme mais aussi sur son cout. Il y a en Bosnie 4 fois plus de policier que la moyenne européenne.
En présence de Kevin Carty, commissaire de la mission de la Mission EUPM en Bosnie et Herzégovine et de Michael Hampreys, chef de la délégation de la Commission européenne, le Haut représentant Paddy Ashdown a donné recemment à Sarajevo une explication des critères qui seront retenus pour la définition de zones de police. Cette base devrait permettre un prochain consensus sur la restructuration de la police.
Paddy Ashdown a rapporté les principales urgences pour la réforme de la police.
La première en est le fait que l’actuelle structure policière facilite le travail des criminels, au lieu de faciliter celui de la police. Selon lui, il est important de mettre en place une police capable de réagir dans tout le pays.
Deuxième raison, le budget de la police dépasse actuellement 9% de la totalité de la dépense publique. Comme pays exemplaire, Ashdown a mentionné la Hongrie où ce pourcentage ne dépasse pas 4%, ce qui correspond à la moyenne européenne.
La troisième raison est liée aux salaires des employés de la police : ils devraient être les mêmes dans tout le pays. Actuellement, les policiers de Republika Srpska reçoivent la moitié du salaire des policiers en Fédération de Bosnie-Herzégovine.
Pour l’instant, les polices sont organisées sur des bases autonomes en Republika Srpska (RS) et dans les 10 cantons de la Fédération.